Utilisateur:Bc/J'ai tué mon patron
Un article de CyberTheatre.
Il est mort ce drôle d'oiseau. Et enterré. Enfin incinéré je veux dire. Comme ça il n'y a plus de traces, j'ai tout brulé. Les ordinateurs, les livres, tout est parti en fumée si vite. C'était une question de vie ou de mort, et c'est lui qui est mort. Je n'ai fait que préserver l'équilibre naturel entre prédateurs et garde-manger. Il n'était pas question que je serve de cobaye une fois de plus. On m'avait bien proposé de me retirer dans les iles si je gardais le silence. Dans les îles! C'est certain que je n'aurais pas fait de bruit là bas, et ils auraient pu continuer à m'observer à leur guise, par satellite. Une belle cage dorée avec des oiseaux à qui j'aurais pu tout raconter. M'auraient-ils crus? Plûtot que de tuer mon patron j'aurais pu le laisser faire, démissionner, ou changer de job. Devenir journaliste, écrivain. Refaire le monde dans les cafés philosophes. Ca n'aurait servi à rien. Ce mec était un démon. Il s'est infiltré dans toute ma vie, allant jusqu'à me priver de mon libre arbitre, il m'a coupé les ailes. Jour après jour, pendant des années il m'a manipulé comme tant d'autres qui se retrouvent aujourd'hui les victimes d'une catastrophe que l'on aurait pu éviter. Si seulement il avait pu mourir tout seul de son invention. Mais non, il était tout simplement diabolique, il m'a inoculé. Elle était bonne la cantine. On y mangeait du poulet basquaise. C'est bon le poulet basquaise. Tomates, poivrons, oignons, et ... grippe aviaire ! Il nous a bien eu. Il m'a bien eu. Mais je l'ai tué. Il aura tout juste eu le temps de me dire que je comptais parmis ses plus fidèles lieutenants, avant que je ne l'enferme dans son enfer, lui et tous ses logiciels, ses instruments, son laboratoire, son virus. C'était sa vie, son oeuvre, il aurait voulu mourir avec de toute façon. Peu être même que je lui ai rendu service. On parle de lui à la télé maintenant...
